Communiqué de Presse CGT ST Crolles : Activité partielle pour garde d’enfant(s) – Parcours du combattant pour les posté-e-s comme pour les ingénieur-e-s !

La direction de ST Crolles n’est pas à son premier comportement antisocial, et le sujet de l’activité partielle pour garde d’enfant(s) pour ce troisième confinement ne fait malheureusement pas exception à la règle !

Suite aux annonces présidentielles, certains parents salarié-e-s postés travaillant dans les usines de Crolles 200&300mm, de par leur métier, ne peuvent pas télétravailler et ont demandé logiquement le placement en activité partielle pour garder et éduquer leur enfant(s) en cette période où toutes les structures d’accueil sont fermées. Cependant la direction du site a décidé de refuser (pour certains postes précis) ou bien d’accorder partiellement l’activité partielle aux salarié.e.s travaillant de nuit et le week-end. La justification mise en avant est que les structures d’accueil sont habituellement fermées pendant leurs horaires de travail et qu’ils/elles peuvent donc garder leurs enfants après avoir travaillé la nuit ou le week-end…

Concrètement, la direction a décidé d’interdire l’activité partielle aux salarié.e.s pour les postes du vendredi de nuit, du samedi (nuit et jour) et du dimanche (jour). Pour les autres postes de nuit, la direction a demandé aux salarié-e-s, soit de poser un demi-congé soit de venir travailler de 20h30 à 0h45 et le reste de la nuit ils sont placés en activité partielle. Si les salarié.e.s refusent cette condition et restent chez eux en garde d’enfant(s), la direction les considère en absence injustifiée non payée ! Ubuesque !

« Les salarié-e-s doivent garder leur(s) enfants sans oublier l’aide aux devoirs la journée, travailler la nuit, tenter de dormir 1h à 4h / jour, et repartir pour un cycle ! Au-delà des structures d’accueils fermées, certains salarié-e-s n’ont pas les mêmes facilités qu’a l’accoutumé pour faire garder leur(s) enfant(s) en semaine ou le weekend. En effet certains parents salarié.e.s se retrouvent sans moyens de garde : sans nounou, sans la possibilité d’avoir les grands-parents ou par peur de les exposer etc… ! Ils comptaient vraiment sur cette activité partielle pour gérer au mieux ce confinement ».

Pour les salarié-e-s travaillant en journée et ayant des enfants, la pression est également très forte pour faire du télétravail et ne pas recourir à l’activité partielle. Il faut alors jongler entre les appels téléphoniques, le travail à rendre, les enfants à occuper, les repas à préparer… Suite au premier confinement, de nombreuses enquêtes ont mis en évidence le mal-être et les stress généré par cette situation et le fait que cela avait peser en premier sur les femmes.

Pour justifier ce refus global du recours à l’activité partielle, la direction s’appuie actuellement sur le flou juridique laissé par le gouvernement et le ministère du travail. Évidemment il n’y a aucune prise en compte de la santé des salarié-e-s et de soi-disant qualité de vie au travail, car pour la direction de ST Crolles,  c’est l’activité industrielle qui est prioritaire !

Pour nous, élu.e.s et mandaté.e.s de la CGT, ces décisions sont affligeantes en cette période déjà très contraignante et stressante pour les salarié-e-s. Nous avons interpellé la direction à plusieurs reprises, mais celle-ci est restée ferme et sourde aux différentes problématiques rencontrées par les salarié-e-s.

Nous craignons également que cette décision, que nous qualifions d’antisociale de la part de notre direction, entraîne un accroissement des risques psycho-sociaux, une atteinte à la santé et à la sécurité des salarié.e.s avec le risque accru d’accidents de travail et de trajets en particulier pour celles/ceux qui travaillent de nuit. Rappelons que notre site est classé Seveso seuil haut et que les travaill.euses.eurs de nuit sont déjà en carence de sommeil au quotidien. Là, cumulé avec la garde et l’éducation de leur(s) enfant(s) en journée, le risque est augmenté, nous craignons pour leur santé et leur vie et la sécurité globale des personnes se trouvant dans l’environnement du site !

Nous dénonçons également l’intrusion des responsables RH et supérieurs hiérarchiques du site dans la vie privée des salarié-e-s en les contactant pour connaître les raisons de leur demande d’activité partielle pour garde d’enfant(s) plutôt que de leur faire confiance et de se satisfaire de l’attestation sur l’honneur qu’ils/elles ont transmise. Un responsable RH a même déclaré à l’un.e de nos représentant.e.s du personnel, qu’ils allaient s’assurer que les salarié-e-s ne réalisent pas de fausses déclarations sur l’honneur. Hallucinant cette pratique de management par la peur et cette pression exercée !

Nous avons tenté de ramener à la raison notre direction, en vain. Nous avons sollicité l’inspection du travail et l’avocate du CSE, ainsi que notre service interne de médecine du travail.  Mais face à ce flou juridique, tout le monde cherche. En attendant, les salarié-e-s souffrent, et face aux dangers graves et imminents de cette situation, nous avons décidé de lancer une procédure d’alerte sur les risques engendrés : risques psychosociaux, accidents aux postes de travail et de trajets.

Nous nous sommes renseignés auprès d’autres syndicats CGT de la métallurgie en Isère, et aucune autre entreprise n’a pris de telles décisions absurdes pour les salarié-e-s ! Même les autres sites de ST France arrivent à gérer la situation sans de telles mesures ! 

Nous avons également fait remonter cette situation problématique à notre intervenante confédérale qui participe les lundis aux réunions covid avec le ministère du travail, dans le but que celui-ci clarifie cette situation à laquelle se retrouvent confronté-e-s les salarié-e-s en premier lieu celle et ceux qui ont des horaires atypiques !

Nous sommes consternés par l’attitude de notre direction, qui même en cette période et pour un tel sujet, se souci plus de ses résultats financiers et de l’activité industrielle que de la santé et de la vie des salarié-e-s !

Nous allons nous battre pour que les salarié-e-s puissent affronter ce 3ème confinement dans de meilleures dispositions !

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