CGT STMICROELECTRONICS Crolles

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CGT STMICROELECTRONICS Crolles
National

La CGT ST France ne participera pas à la concertation sur la procédure d’alerte interne

Courrier adressé le 8 juin 2026 à la Direction ST France

Madame, Monsieur,

Les syndicats et sections CGT de STMicroelectronics France ont décidé collectivement de ne pas prendre part aux discussions inscrites dans l’agenda de concertation intitulé « procédure d’alerte interne ».

Nous rappelons tout d’abord que ce dispositif, dénommé « Speak Up », a été mis en œuvre de manière unilatérale par la direction, sans concertation préalable avec les organisations syndicales représentatives. La CGT avait déjà dénoncé cette méthode dès 2023, sans que nos remarques, alertes et réserves ne soient prises en compte.

Depuis la mise en œuvre des procédures d’alerte, nous avons été amenés à suivre de nombreux dossiers à la demande de salariés. Dans une très grande majorité des situations, les conclusions des enquêtes sont systématiquement réduites à de simples « problèmes relationnels » ou « difficultés de communication » entre personnes, sans jamais rechercher sérieusement les causes organisationnelles, managériales ou structurelles pouvant être à l’origine des situations dénoncées.

Plus grave encore, nous avons constaté plusieurs dérives particulièrement préoccupantes :

– un lanceur d’alerte convoqué à un entretien disciplinaire après son signalement,

– des enquêtes Speak Up conduites directement par les RH de proximité, remettant en cause l’impartialité même du dispositif,

– des enquêtes déclenchées sans que le salarié concerné ne soit clairement informé,

– l’absence quasi systématique de transmission des conclusions ou du contenu des enquêtes aux salariés concernés,

– l’absence de suivi dans le temps des éventuelles mesures correctives annoncées.

Nous avons également constaté à plusieurs reprises des tentatives de détournement des droits d’alerte L2312-59 exercés par les élus CGT du CSE. Ces alertes, encadrées par le Code du travail, n’ont pas donné lieu à de véritables enquêtes conjointes. Des élus ont été cantonnés à une simple présence d’« observateur », conditionnée de surcroît à une demande expresse des salariés eux-mêmes, alors même qu’ils ne disposent pas nécessairement de tous les éléments leur permettant d’apprécier les enjeux juridiques et procéduraux. Et au pire la direction a refusé toute enquête conjointe.

Nous considérons donc que la procédure d’alerte ST vise à contourner les dispositifs légaux d’alerte prévus par le Code du travail en les substituant par un dispositif interne unilatéral, sur lequel les élus n’ont aucune prise.

De plus, nous considérons également que l’élément le plus problématique demeure l’engagement de confidentialité que la direction souhaite imposer aux représentants du personnel, empêchant de fait toute communication et tout échange avec les salariés que nous représentons.

Pour l’ensemble de ces raisons, et en l’absence de tout cadre clair de négociation, nous ne participerons pas à ces concertations.

Nous ne sommes pas opposés à échanger avec la direction sur tous les sujets. Toutefois, nous ne le ferons uniquement dans un cadre clair, loyal et compatible avec nos prérogatives, celui de la négociation collective.

Cordialement,

Les DSC CGT