CGT STMICROELECTRONICS Crolles

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CGT STMICROELECTRONICS Crolles
CSENational

Avis CGT sur la situation économique et financière

Suite du CSE central ordinaire – 22 juillet 2026

La situation économique et financière s’est largement améliorée, pourtant la direction dans une logique purement financière fragilise l’avenir de l’entreprise. La faiblesse des investissements en R&D, la baisse des effectifs malgré une charge de travail importante risque d’impacter les projets futurs.

Les indicateurs financiers confirment que la volonté de réduire les effectifs ne répond à aucune logique industrielle mais est seulement maintenue pour satisfaire les actionnaires.

Pour le site de Tours et son futur proche, nous sommes inquiets pour le maintien de nombreux emplois sur site alors que les activités de production des Trisils et Transils vont définitivement s’arrêter au plus tard avant l’été 2027. En effet, mise à part une petite poignée d’assistants de maintenance lancée dans une formation UIMM pour monter en compétence, aucune formation de “upskilling” et de “reskilling” n’est engagée ni programmée pour les salariés et la ligne pilote PLP, peu gourmande en ressources humaines, c’est à dire 40 personnes à majorité I&C et Techniciens au plus fort de l’activité qui arrivera à maturité après 2027, il n’y a strictement rien qui puisse permettre aux salariés concernés, que nous estimons à plusieurs centaines, de se projeter vers une nouvelle activité ou un nouvel emploi sur le site de Tours. Également, si nous regardons un peu plus loin que le futur proche, nous sommes aussi très inquiets quant à la pérennité de la production 8 pouces restante sur le site. Sans aucun projet industriel supplémentaire et d’envergure, comment sera-t-il possible d’optimiser les coûts de fabrication afin de contenir ou de maintenir des marges produits dans les standards de la compagnie ? Avec les missions actuelles attribuées au site de Tours et des volumes de commandes qui, soyons réalistes, ne seront jamais à des niveaux appelant à investir pour tripler ou plus encore les capacités de production, il semble inéluctable que la production 8 pouces ne pourra résister à la concurrence interne et suivra le même chemin que les 6 pouces aujourd’hui, le transfert à Singapour pour atteindre les marges ciblées par la compagnie. La question est donc essentielle, quel est le devenir du site de Tours et de son effectif, un site de production aux volumes modestes avec un sursis lié aux marges produits ? Uniquement un centre de R&D ? Un site hébergeant seulement la division DFD ? La Direction doit apporter ces réponses dès maintenant aux salariés afin de maintenir leur engagement et leur confiance dans la gouvernance de la compagnie et du site.

Sur le site de Crolles 200, les salariés sont soumis à une pression importante du fait du sous-effectif à cause des départs induits par la GEPP et des objectifs de production qui restent élevés et surtout inatteignables.

Pour Crolles 300 les perspectives industrielles sont bonnes mais se font également à effectifs réduits, la direction refusant toujours de recruter en externe le personnel nécessaire et les salariés de 200 étant maintenus sur leurs postes pour répondre aux besoins de production de l’usine Crolles 200.

A Rousset, il y a aussi un problème dans les effectifs du fait du gel des embauches et un retard dans le transfert des équipements de Crolles vers Rousset. Ce manque de moyens pour le site de Rousset, combiné aux déclarations de M. Gualandris lors du dernier comité de groupe européen, indiquant que ST n’investira plus dans les fabs 200mm hormis à Singapour est fortement inquiétant.

Par ailleurs, nous déplorons le manque de prise en compte des enjeux environnementaux, par exemple nous n’avons aucune visibilité sur le reclaim à Crolles au-delà du PoC en fonction actuellement.

Ensuite, nous déplorons également les pratiques fiscales de ST qui lui évite de payer des impôts en France et prive les salariés de toute participation aux bénéfices malgré des résultats positifs. Nous constatons que la direction n’a pas intégré dans le compte de résultat réel 2025, le montant des diverses subventions publiques, ce qui est une première et un scandale !

Enfin nous dénonçons que la direction n’a pas répondu aux questions que la CGT lui avait préalablement adressées avant le CSEC de juin 2026.

Pour rappel, ces questions sont les suivantes et nous vous demandons d’y répondre :

  1. Dans les 177 millions de subventions attendues pour 2025 (chiffres donnés au CSEC de décembre 2025), quelle est la part du projet Liberty ? Quelle était la part du projet Liberty en 2024 ?
  2. Quelles ont été les dépenses liées à la restructuration dans le détail ? Pour chaque mesure GEPP, par site ? Pour chaque activité arrêtée ou démarrée par site (démantèlement des équipements installés, transfert des équipements, installation de nouveaux équipements, etc.)? Montant des provisions liées à la restructuration ?
  3. Est-ce que le résultat de 2025 a été diminué d’un déficit reportable avant impôt ? Si oui, quel a été le montant de ce déficit reportable ? Reste-t-il du déficit reportable à diminuer de prochain(s) résultat(s) ? Si oui, quels sont le montant total et le montant pour chaque année ayant généré un déficit reportable ?
  4. Pour le calcul de la participation :
    1. Quel est l’impact sur le bénéfice fiscal du financement en crédit-bail par les STMicro Finances NV ?
    2. Quel est l’impact sur la valeur ajoutée du financement en crédit-bail par les STMicro Finances NV ?
  5. Y a-t-il une année de décalage entre l’enregistrement de la participation dans les comptes et les données servant au calcul (bénéfice, capitaux propres, masse salariale, valeur ajoutée) ?
  6. Crédit Impôt Recherche 2024 et 2025 : Comment se répartissent les heures de main d’œuvre de recherche entre cadres et non-cadres ?
  7. On observe en 2025 66M$ de charges pour couvrir un risque de redressement fiscal, pouvez vous détaillez la raison de ce redressement ?

Pour conclure, la CGT donne un avis très défavorable.