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CSE central – 1er avril 2026 : déclaration CGT sur l’impact environnemental du partenariat ST avec Amazon Web Service

(suite du CSE central extraordinaire du 23 mars 2026)

La question de l’impact environnemental d’une collaboration stratégique n’est pas un sujet décoratif. Ce n’est pas non plus un supplément de communication destiné à verdir
un partenariat industriel. Depuis la loi Climat et Résilience, les conséquences environnementales des décisions de l’entreprise relèvent pleinement du champ
d’examen du CSE. L’article L.2312-8 du Code du travail le dit clairement : les décisions relatives à la gestion de l’entreprise, à l’organisation du travail, à la formation
professionnelle et aux techniques de production doivent aussi être appréciées au regard de leurs conséquences environnementales.
Nous le rappelons donc avec force : même lorsqu’il s’agit d’un point sur l’annonce d’une collaboration stratégique élargie avec un partenaire, la direction ne peut pas se
contenter d’un discours général, encore moins d’un renvoi expéditif vers un simple « décalogue environnemental ». Après près de cinq ans d’existence de la loi, une telle
réponse n’est plus sérieuse. Elle ne répond ni à l’esprit du texte, ni aux exigences minimales d’un dialogue social loyal sur un sujet aussi structurant.
Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’une coopération présentée comme stratégique, avec des effets potentiellement majeurs sur les volumes, les procédés, les consommations,
les investissements et, au bout du compte, sur l’empreinte environnementale réelle de l’entreprise. Dans ces conditions, nous demandons des réponses précises, chiffrées et vérifiables.


-> Nous voulons connaître l’impact prévisionnel de cette collaboration sur la consommation d’électricité, d’eau et de matières premières.
-> Nous voulons savoir si les process envisagés seront sans PFAS.
-> Nous voulons connaître l’impact environnemental global des produits fabriqués.
-> Nous voulons savoir si la santé et la sécurité des salariés ainsi que celle des riverains des sites de production peuvent être affectées par ce type de production.
-> Nous voulons enfin connaître le plan prévisionnel des investissements destinés à prévenir, réduire et maîtriser ces impacts.
-> Nous demandons aussi à la direction de répondre sur un point central, qu’elle ne peut pas éluder : le risque d’effet rebond. Oui, des composants plus performants peuvent réduire la consommation par unité de calcul. Mais si, dans le même temps, ils accompagnent une explosion du volume total de calcul lié à l’IA, alors la vraie question est celle-ci : l’empreinte totale baisse-t-elle réellement, ou augmente-t-elle au contraire en valeur absolue ?
-> Nous voulons donc savoir si ST a réalisé une analyse de cycle de vie complète de ce partenariat, intégrant les impacts liés aux volumes produits, à la fabrication, aux tests, au packaging, à la logistique, et les comparant aux gains d’efficacité énergétique éventuellement avancés côté client.
-> Nous demandons également si l’usage d’AWS pour l’EDA conduit à déplacer une partie de l’empreinte numérique de ST vers le cloud, et, dans ce cas, comment cette empreinte est identifiée, suivie et comptabilisée.
-> Nous voulons encore savoir quel sera l’impact de la montée en charge, à la fois dans les fabs de ST et dans les datacenters AWS.
-> Nous voulons savoir si le contrat comporte des engagements environnementaux vérifiables : recours à une électricité renouvelable, intensité carbone, utilisation d’eau recyclée ou non potable, indicateurs annuels de suivi, audit des fournisseurs, recyclabilité des composants.

En clair, nous ne demandons pas à la direction un slogan, un support marketing ou un renvoi à un document de principe. Nous demandons des réponses concrètes sur les
effets réels d’une collaboration stratégique que la direction elle-même présente comme structurante.


À ce stade, ce que révèle surtout la réponse qui nous a été faite, ce n’est pas la solidité de la démarche environnementale de l’entreprise. C’est au contraire l’écart persistant entre l’affichage et le contenu, entre les engagements proclamés et la capacité réelle de la direction à documenter les conséquences environnementales de ses propres choix industriels. Et cela, après presque cinq ans de cadre légal explicite, n’est plus admissible.