CGT STMICROELECTRONICS Crolles

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L’écologie à ST : Gaspillage de l’eau potable, rejet de PFAS et bilan carbone lacunaire

Opacité sur l’usage de l’eau potable par ST pour fabriquer ses puces

Certains salariés de ST Crolles ont identifié et qualifié des procédés de recyclage avec traitement, mais ST
ne réalise pas les investissements nécessaires à leur mise en œuvre. ST estime le coût de cet
investissement à 57 millions d’euros, mais n’a réalisé aucun investissement depuis deux ans. Le taux de
recyclage avec traitement, annoncé à 60 %, ne semble actuellement être que de 2 % d’après un rapport
interne.
Plus largement, le taux officiel de recyclage de l’eau, avec et sans traitement, reste opaque. L’objectif de la
compagnie est fixé à 54 % cette année. Le site de Crolles communique un taux d’environ 40 %, tandis que
nos propres informations conduisent à l’estimer à environ 8 %. Malgré les demandes des élus, ST ne clarifie
pas ces écarts et renvoie les représentants du personnel du CSEC aux CSE locaux et réciproquement.
Pour la CGT, une partie des subventions publiques reçues par ST doit être consacrée au financement
du recyclage de l’eau et aux investissements nécessaires au recyclage avec traitement.

Au 20 août 2026, toutes les zones de prélèvement de ST Crolles étaient en alerte renforcée.

L’une des restrictions obligatoires : Prélèvements d’eau à usage industriel ou artisanal inférieurs à 1000m3. Or, ST Crolles consommerait au moins 1000m3 d’eau par heure !

Lire l’arrêté de restriction – 20 août 2026

Lire l’arrêté cadre préfectoral – 10 juillet 2023

Pour s’informer régulièrement sur les restrictions d’eau en période de sécheresse : https://vigieau.gouv.fr/

Opacité sur les rejets des PFAS par ST dans l’eau et dans l’air

Les PFAS, polluants éternels, sont rejetés dans l’eau et dans l’air. ST annonce que, sur le plan technique, les
problèmes liés à ces rejets sont résolus. Depuis deux ans, les équipes de Crolles travaillent sur le sujet et
ont qualifié plusieurs solutions : supprimer les rejets à la source en changeant certains matériaux,
comme les résines, ou supprimer les PFAS présents dans les eaux rejetées.
Malgré ces solutions, aucun investissement ni calendrier de mise en oeuvre n’a été présenté en CSE. À la
question du nombre de personnes chargées de garantir la réussite du programme, ST n’a apporté aucune
réponse. Aucun programme n’a par ailleurs été présenté pour les autres sites du groupe.
Pour la CGT, une partie des ~600 millions d’euros de subventions publiques déjà reçues par ST pour le projet Liberty doit être consacrée à la suppression des rejets de PFAS sur l’ensemble des sites.

Opacité dans le Bilan des Émissions de Gaz à Effet de Serre (BEGES) de ST

Dans un bilan d’émissions de gaz à effet de serre :

  • le scope 1 correspond aux émissions directes de l’entreprise ;
  • le scope 2 correspond aux émissions liées à l’énergie achetée ;
  • le scope 3 correspond aux autres émissions indirectes liées à l’activité de l’entreprise : achats, transport, fournisseurs, utilisation et fin de vie des produits.

La loi prévoit la publication du scope 3 . Cet été, Total energie a été condamné par le tribunal de Paris :
leur plan de vigilance doit intégrer le scope 3. La cartographie des risques, les mesures de prévention et
d’attenuation correspondant à ces risques doivent être publiés.
Malgré nos demandes répétées, la prise en compte du scope 3 dans son intégralité n’est toujours pas
présentée en CSEC. Sans bilan complet, il est impossible d’identifier les sources d’émissions et de
modifier la trajectoire de l’entreprise.

Conclusion

Pour que des investissements sur tous les postes presentés ci-dessus soient réalisés, il faut donc que ST arrête de jouer la carte de l’opacité, publie les chiffres réels et accepte de rentrer dans la discussion sur ces enjeux. En refusant ou en compliquant l’accès à ces informations, ST continue à mettre l’entreprise et les personnes qui y travaillent en porte-à-faux avec les enjeux environnementaux. Nous salariés, sommes les premiers concernées par la canicule, le manque d’eau, et la pollution de nos environnements de vie. ST est en train de jouer un double jeu, alors que son statut de plus gros consommateur d’eau du bassin Grenoblois donne tout sauf envie de rire. 

Exigeons dès maintenant la mise en oeuvre de ces plans d’investissements, et leur constitution de manière accelérée pour ceux qui ne sont pas encore sur la table. Pour ce faire, les CSE et les élus locaux doivent avoir rapidement un accès complet, non limité et transparent aux données mentionnées ci-dessus et à leur méthode de calcul. Ce qui est en jeu est la pérennisation de nos emplois, la sauvegarde de notre cadre de vie et de travail, et l’alignement avec nos concitoyens.